Le bâton de Nasazzi

Du 13 juillet au 30 juillet 1930 se déroula la première édition de la Coupe du Monde de football. L'idée de cette compétition provient alors du français Jules Rimet, président de la FIFA. La participation aux Jeux olympiques étant impossible pour les joueurs professionnels, Jules Rimet pense qu'il faut créer une compétition accessible à tous.

C'est le pays hôte, l'Uruguay, qui remporte le Graal. Vainqueur 4 buts à 2 face à l'Argentine, l'Uruguay confirme ainsi son statut de favoris après ses victoires olympiques de 1924 et 1928. 4 victoires, 15 buts marqués, 3 encaissés, la Celesta survole le monde du ballon rond.

Toute grande équipe se doit d'avoir un grand capitaine, et c'est José Nasazzi qui remplit à merveille ce rôle. Ce défenseur aux 51 sélections dispose d'un palmarès impressionnant sur la scène internationale : champion du Monde (1930), double champion olympique (1924 & 1928) et quadruple vainqueur de la Copa America (1923, 1924, 1926 & 1935). Il fut même nommé 26ème meilleur joueur sud-américain du 20ème siècle.

Suite à cette coupe du monde, un trophée virtuel fut alors décerné à l’Uruguay. Ce dernier porta ainsi le nom du capitaine : Le Bâton de Nasazzi. Son principe est simple : l’équipe détentrice du bâton le remet en jeu à chaque apparition officielle de la FIFA. Si cette équipe perd dans le temps réglementaire, le bâton change alors de possesseur, à l’instar d’une course de relais. Les règles du jeu sont alors claires et assurent ainsi au trophée de voir du pays.

Ce trophée mérite que l'on s'y attarde, car il s'avère être un révélateur de ce sport et de la géopolitique qui l'anime. Il est aussi aux rendez-vous de certains des matchs les plus marquants du football : de la première finale de la Coupe du Monde et la victoire de l'Uruguay en passant par le premier match des Anglais en coupe du monde et sa défaite face aux États-Unis en 1950 ou la remise du trophée au Nigeria, première équipe africaine à le décrocher 70 ans après sa création...

En parallèle de simples matchs amicaux ou des compétitions internationales, le bâton de Nasazzi parcourt les cinq continents sans se soucier de l'ordre établi par la FIFA. Le bâton de Nasazzi résume finalement ce qu'il y a de plus beau dans le football : l'incertitude constante qui entoure chaque match, capable de voir les Antilles Néerlandaises vaincre le Mexique chez lui par exemple ou la Géorgie face à l'Uruguay. De belles histoires qui permettent à des "petits poucets" de laisser leur nom dans l'histoire du football.

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